Petit taux deviendra grand

Aprés un weekend sans connexion internet, me voici de retour 🙂

Samedi, réveil aux aurores pour aller au labo. L’infirmière est super gentille, par contre elle a du mal à me trouver une veine…Bobo…J’ai l’impression que mes veines sont arrivées à saturation!

Et puis l’attente…On me dit « rappelez entre 11h30 et midi ».

Ok…bon 11h15 c’est quasimment 11h30n je tente…Raté, pas encore de résultat.

11h30 je rappelle, encore raté.  Puis 11h45, toujours pas… Ils pourraient dire directement d’appeler à midi! Bref à midi enfin, on me dit que le taux est de 73. Ok, soulagement, ça monte.

Puis le doute, c’est pas supposé monter plus vite que ça ? Du coup angoisse, mais apparemment c’est largement dans les normes pour dpo 15.

Et là j’attend 9h pour avoir la clinique, et savoir si je fais encore une prise de sang ou si le gynéco me file un rencard (apparemment il ne prendrait de rdv que si le taux dépasse 100, avant t’es nulle…)

Merci les filles d’avoir croisé! J’ai vu à l’instant vos messages laissés pendant le weekend, ça m’a fait chaud au coeur!

 

Edit à 10h00 : finalement la clinique me demande de refaire une prise de sang aujourd’hui. Renseignement pris au labo, si je la fais à midi j’aurai les résultats à 17h. Donc à midi ce sera le sprint, mais pour la bonne cause. Je vais encore passer quelques heures à angoisser!

31…

Deux petits chiffres ont suffi à me faire quitter Terre! Non je n’ai pas halluciné, la deuxième barre existait bien…

Une seconde prise de sang sera faite samedi matin pour contrôler l’évolution.

Putain j’espère que ça va être bon, que ça va monter aussi haut que mon moral aujourd’hui!

L’espoir est là !

Bon, on prend les mêmes protagonistes et on recommence exactement la même scène :

– 4h du mat’, envie pipi, lever, test au mode automatique (nota : fuck c’est l’avant dernier, penser à en racheter pour le cycle suivant) (nota bis : putain je m’étais dit que j’aurais pas à en racheter parce que je serai enceinte, merde!)

– en pyjama, le cheveu en vrac, les yeux en couilles d’hirondelles, je scrute. Je scrute, encore, encore.

– oh putain, c’est quoi ça ???  Si je place le test pile sous la lampe et que je plisse bien les yeux, je peux  imaginer  apercevoir une ligne ? Ok, on souffle, je re-regarde 10 fois, je suis folle ou quoi ?

J’essaie à la lumière du couloir, ben là on voit plus trop de ligne, mais euh !!

Je tente un réveil de l’homme qui dort…vu sa gueule il aurait préféré continuer. Il voit une hystérique myope lui demander de traîner son cul dans la salle de bain pour mater une languette plein de pisse, il est légèrement perplexe…

Il y va, matte, décrète que non…Je lui dis qu’il a de la merde dans les yeux (ben ouais pour moi aussi il est 4h du mat’!)

Je retourne me coucher, et lui dis que j’accepte la camisole de force pour la nuit prochaine. Mais je n’en démords pas, il y a une ligne.

Ce matin, je me lève, je récupère le test, et PUTAIN mais j’avais pas rêvé non !!! Elle est bien là cette ligne ! Elle est pâle, elle est faible, elle est pourrite, mais elle est là !

Je tire l’homme du lit, et il est obligé de capituler : oui, j’ai raison.

Alors même si ça ne va pas plus loin, car je suis bien consciente que c’est extrémement fragile, au moins je sais que malgré ma glaire pourrie, les bêbêtes de l’homme sont passées, et ça, c’est déjà énorme.

Vive l’ESPOIR, à bas le REALISME !!

et c’est le moment de croiser pour moi…

PS : je suis consciente que ce post peut vous blesser, j’aimerais tant que vous connaissiez toutes la même chose. J’ai mis un pied dans le train mais je ne suis pas assurée d’y rester, alors sachez juste que devant la perspective que ce soit bon, toute la peine s’envole, on se sent légère (et j’imagine pour celles d’entre vous qui sont passées par là et pour qui ça s’est arrêté, que si ça s’arrête on se prend un bon coup de massue…)

L’attente…

 

Je crois que c’est vraiment le mot qui nous caractérise, nous les « Pmettes »…

Attendre d’être enceinte évidemment, attendre  le début des protocoles, attendre les rdv chez le gynéco, attendre de pouvoir faire la pds (qui invariablement reste négative la pioute!)…

 

Donc là je suis dans cette période mi-espoir mi-préparation à l’échec, celle où on se dit « et si… » avant de se reprendre aussitôt « mais non… »…

Et à chaque fois ça m’amène à repenser à la longue année que j’ai passé, après l’arrêt de la pilule, à attendre que mes règles aient la courtoisie de débarquer. Un an à les attendre, et maintenant à chaque fois la peur qu’elles arrivent…

Remarque, j’ai pleuré (de joie) quand elles ont débarqué au bout d’un an, et je pleure (pas de joie là, tu t’en doutes!) quand elles débarquent à chaque fin de cycle. Comme si la PMA nous rendait un peu fébrile niveau glande lacrymale quoi…

 

Donc je disais, je suis dans cette période d’attente…Alors que le résultat du test de Huhner ne laisse aucun doute : malgré les trois magnifiques potentiels futurs bébés qui ont poussé sur mes ovaires, je ne PEUX pas être enceinte à cause de ma tendance psychopathe à zigouiller les spermatozoïdes.

Et pourtant, l’espoir est bien là.

Oh il n’est pas bien grand, et chaque fois qu’il montre le bout de son nez je lui expédie un direct du droit bien dans la gueule. Mes journées ressemblent donc à ça :

 

  • je suis réveillée parce qu’en me tournant sur le ventre, mes seins sont douloureux…

ESPOIR, 1 point , REALISME 0

  • je fais un test à l’arrache dans la salle de bain, 4 heure du mat’…négatif, je retourne me coucher

ESPOIR 1 point, REALISME 1 point. Egalité

    • avant de me rendormir je me dis que de toute façon c’est trop tôt pour un test, donc c’est normal qu’il soit négatif

ESPOIR, 2 points, REALISME 1 point. (je suis conne confiante)

  • pendant la journée, de fortes douleurs à l’utérus, ouiiiiiii c’est forcément la nidation !

ESPOIR 3 points, REALISME 1 point

  • et si c’était juste mes règles qui se préparent en fait ?

ESPOIR 3 points, REALISME 2 points

Tout ça avant la victoire finale du REALISME par K.O. Le dernier round est prévu pour mercredi soir. L’ESPOIR quittera le terrain et ira se préparer pour le prochain match. Quant à moi j’aurai du mal à accepter la victoire du REALISME pendant quelques jours, et puis il prendra doucement le dessus, comme d’habitude…

La roue tourne (mais pas dans le bon sens)

 

Je vous racontais très très récemment à quel point j’avais été surprise et heureuse quand, confortablement installée pour une échographie endo-vaginale, j’avais entendu le gynéco de la clinique PMA que je fréquente assidûment (la clinique, pas le gynéco…quoique, il me connaît très intimement), me dire que 3 follicules avaient poussé. Joie, bonheur, fête du slip !

 

Mais la roue tourne, la garce !

Lors de cette sympathique entrevue entre le gynéco, mes ovaires et moi-même, le fameux test de Huhner a été réalisé (ou test post-coïtal, mais c’est moins glamour non?).

Déjà, l’histoire partait mal : le test avait été prévu pour le vendredi d’avant. Donc le jeudi soir, dans un élan plein de spontanéité, loulou et moi même nous pliâmes au rituel. Bon, une fois ça va.

Puis test annulé car pas encore de bonne réponse folliculaire.

Test re-prévu le lundi. Donc dimanche soir, rebelote. Déjà là, la spontanéité s’essouffle légèrement…

Et donc, dans une belle illustration de l’expression « jamais deux sans trois », test re-annulé, et programmé le jeudi suivant.

Et donc le mercredi soir…

 

Bref, tout ça pour dire que déjà, réussir à faire le test n’était pas gagné en soi.

Et là ce weekend, arrivée des résultats (bon déjà c’est rapide, c’est toujours ça de pris).

 

Et là, comment dire… ?

 Foireux le résultat…L’avantage c’est qu’il n’a pas dû être long à faire, vu qu’on a dénombré zéro spermatozoïde dans le prélèvement. Peanuts, que dalle.

 

Alors là cher lecteur, deux options s’offrent à toi :

 

  • version pessimiste réaliste : je suis une serial killeuse de spermatozoïde (et hop, une ligne de plus sur mon CV au passage…), et dans ce cas, fini les stimulations simples, place à l’artillerie un peu plus lourde !

  • version optimiste / pays des bisounours : en fait, 13 heures aprés le rapport, ben les spermatozoïdes y sont déjà tous remontés, et puis on dirait qu’y zoraient rencontré un des trois ovules et…

 

L’avantage c’est que la semaine prochaine quand J1 arrivera, je me casserai la gueule de moins haut !

 

 

youhou !!

Me voilà de retour de la clinique, pour le rituel écho-endo et prise de sang.

Avec une belle surprise à la clé : 3 follicules au lieu d’un seul attendu !

J’étais tellement surprise que j’ai pleuré pendant tout le trajet retour…(genre la nana elle pleure pour ses follicules, qu’est ce que ça sera quand elle sera enceinte!)

 

FAUDRAIT SAVOIR !

 

Je suppose que vous avez toutes eu droit à une réflexion sur votre âge : « mais de toute façon vous êtes jeunes, vous avez le temps ».

Pour moi elle fait partie du Top Ten des phrases à la con qu’on vous assène quand on est en PMA.

(trééééss loin devant, une amie a eu la réaction suivante : moue dégoûtée, et « mais vous n’allez pas faire ça (en parlant de la PMA)?? » Euh ma chérie c’est ça ou ne pas avoir de gosse, et comme je fais encore ce que je veux de mon cul mes ovaires…Bref, je m’égare, là n’est pas le sujet…)

 

Concernant l’âge c’est quand même hallucinant que des gens qui n’ont eu aucun problème pour pondre un gosse se permettent de venir nous dire qu’il n’est pas normal qu’on ait TELLEMENT envie de fonder notre famille, car on est trop jeunes…

Au passage, j’ai presque 30 ans, et mon mari 35, donc je pense qu’on a largement dépassé la puberté et qu’on est capable de mener une réflexion logique sur ce qu’on souhaite faire de notre vie.

 

Une collègue (que j’estime par ailleurs beaucoup) m’a quand même suggéré d’attendre encore 5 ans de plus, « avant c’est peut être pas la peine de s’inquiéter ». Gné ?? Sachant que sans la médecine je peux autant espérer tomber enceinte que de gagner au loto et de perdre 10kg dans la nuit, le bon sens de cette proposition m’échappe un peu…

 

Surtout que (et c’est là le vice), si vous avez le malheur de galérer pour avoir un gosse ET d’avoir 35 ans, on va vous dire « mais ma pauvre fille, fallait pas attendre autant, t’es un peu vieille maintenant ».

Déjà, prend dans la face qu’à 35 ans t’es périmée comme un vieux stock de yahourts (alors que NON, ce n’est pas vrai), et merci la culpabilisation ridicule.

 

Et voilà, la boucle est bouclée ! Trop jeune, pas légitime. Trop vieille, coupable.

 

et merde…

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Flash-back : retour en octobre 2010

Après un mariage réussi (et même méga réussi, une fête dont on nous parle encore ! Ouais, on est fiers…), nous voilà en pleine recherche sur la destination du voyage de noce généreusement offert par nos invités.

Hésitations, interrogations (ya des araignées au Kenya ?? hiiiiiiiiiiiiii!!!!!), et finalement notre choix est fait.

Rdv est pris pour janvier 2011, la crème solaire et les tongs frétillent d’impatience !

Au passage notez que notre choix s’est porté sur un pays pour lequel on demande moults vaccinations, preuve qu’à l’époque faire un bébé était loin d’être devenu une obsession (ça c’est pour les gens qui se plaisent à répéter que cestdanslatêtearrêtedypenser, et paf dans les dents!).

Bref, vacances de rêves, pays de rêves, décompression totale (ce qui n’aura pas suffit à faire revenir mes règles, preuve encore une fois que ce n’est PAS dans la tête….comment ça je me répète?)

Et sur le chemin du retour, on se retrouve à attendre 5 heures dans un aéroport à l’autre bout du monde. Et naturellement on se rapproche du seul couple de français présents. La petite trentaine, très sympas.

Et voilà qu’on commence la parlotte…

Et là, cette nana que je ne connaissais pas 1 heure avant, se met à me raconter leur galère pour avoir un enfant, les traitements, les IAC, les FIV. La pauvre semblait tout cumuler, un coup une fausse-couche, un coup une GEU…Et moi je l’écoutais, je me demandais comment elle faisait pour tenir debout, avancer, recommencer à espérer après chaque échec.

Je lui ai dit qu’on rencontrait quelques soucis nous aussi car je n’avais aucun cycle, elle m’a conseillé de vite faire des examens pour ne pas perdre trop de temps.

Conseil que je me suis dépêchée d’oublier tellement tout ce monde de la PMA me semblait irréel. Après tout, ça n’arrive qu’aux autres non ?

Aujourd’hui, plus d’une année s’est écoulée depuis cette brève rencontre, et presque deux ans depuis que le désir de fonder une famille est devenu tellement fort qu’on a décidé de se lancer.

Il ne se passe pas une semaine sans que je pense à elle.

Depuis que je suis entrée dans ce combat, je prend réellement la mesure de ce qu’elle m’a raconté, là-bas dans un aéroport du bout du monde, et je réalise à quel point j’étais alors très loin de m’imaginer ce qu’elle vivait. Parce que même en le racontant, il est très difficile de faire toucher du doigt la réalité de la PMA, cette toile de fond qui s’est tendue sur nos vies et qui est toujours là…

Et surtout, j’ai compris, depuis, pourquoi elle m’avait raconté tout ça. Pour parler, pour évacuer, se libérer un peu de ce poids. Aujourd’hui je ressens le même besoin. Et ce blog me permettra peut être d’accéder à plus de sérénité.

Quoi qu’il en soit, je ne sais pas qui elle est, ni où elle vit, je ne me rappelle même plus son prénom, mais j’espère du fond du cœur qu’elle a gagné son combat…

PS : je me rends compte que le ton de ce billet n’était pas aussi grave dans les premières lignes, mais vraiment cette rencontre m’a touchée…

En voiture Simone !

Et voilà, me voici à ajouter ma pierre à l’édifice de ces nombreux blogs traitant de l’infertilité, la PMA, les doutes, les échecs…

Une petite présentation s’impose :

Je suis une jeune femme de 29 ans. Mariée depuis août 2010 à un merveilleux loulou. C’est à cette date que j’ai jeté à la poubelle ma plaquette de pilule, des étoiles plein les yeux.

Nous pensions alors qu’avec nos patrimoines génétiques respectifs, un bébé serait impatient de venir s’installer…Mouais…la réalité n’a pas oublié de nous rattraper gentiment…

Au bout de presque un an, en juin 2011, toujours pas de règles (le cycle le plus long jamais connu, je pense le faire homologuer au livre des records…). Acupuncture, homéopathie, ostéopathie, cachets prescrits par un gynéco pas très concerné…Deux pauvres cycles dont la logique m’échappe encore…craquage, et direction PMA en janvier 2012.

Et depuis, c’est la découverte…C’est sûr qu’on ne risque pas de s’ennuyer!

A suivre…

PS : bien évidemment, Simone n’est pas mon prénom… 🙂